Arthabaska Victoriaville-Les débuts (suite)

Changement de vocation des moulins à scie

On peut déduire qu’après 60 ans de fonctionnement, au rythme de sciage qu’on lui a connu, le bois devait commencer à se faire de plus en plus rare dans la région, d’autant plus qu’il existait plusieurs autres moulins, comme on l’a déjà mentionné.

vicfurn L’urbanisation entraînant l’augmentation de la construction domiciliaire, quelques-uns de ces moulins se sont transformés en entreprise de fabrication de portes et châssis. Les marchands de bois augmentaient la superficie de leur cour à bois pour mieux pourvoir aux besoins des nouveaux entrepreneurs en construction. Sous la poussée d’une telle exploitation de nos produits forestiers, il n’y avait qu’un petit pas à franchir pour lancer une entreprise de fabrication de meubles, concept qui était original à l’époque, mais qui s’avérait prometteur, considérant les nouvelles tendances. C’est ainsi que Victoriaville devint rapidement la capitale de la fabrication de meubles au Canada et maintint cette position pendant une cinquantaine d’années. Ainsi, le rythme de croissance de nouvelles manufactures prit le pas sur les entreprises traditionnelles familiales. Cela fut rendu d’autant plus facile qu’on disposait, à Victoriaville, d’une abondante main d’œuvre, prête à offrir ses services en retour d’un salaire raisonnable.

L’époque préindustrielle

À la fin du XIXe siècle, 90% de la population du Québec était rurale. On ne trouve donc pas d’usines à proprement parler en dehors des grands centres. Les principales activités économiques étaient donc l’agriculture et le travail relié à la forêt. Souvent on devait combiner les deux. Dans la région, en 1890, l’industrie laitière était florissante et les moulins à scie étaient nombreux et efficaces. On voit apparaître des tanneries, des forges, des selliers, des voituriers, des fonderies, des boulangeries, des fromageries, etc.

Depuis la moitié du XIXe siècle, l'arrivée du train a provoqué une ouverture vers les villes et la Nouvelle Angleterre, entraînant l'exode massif de la main d'œuvre rurale. Dans nos régions, on remarque une diminution significative de la population, entre les années 1871 et 1896, années marquées par une crise économique dite <<grande dépression>>, qui sévit dans tout l'est du pays. Avec ses industries croissantes, les gens se laissaient attirer dans ce pays de langue étrangère, certains de façon permanente, mais pour plusieurs, le temps de regarnir leur gousset seulement.

La vie allait quand même bon train à Victoriaville, tant et si bien qu’en 1890, ce gros village comptait désormais 1,000 habitants et devint <<ville>> cette même année. Avec une augmentation démographique significative, il va de soi que les besoins se modifiaient et ouvraient le champ à de nouvelles initiatives. C’était le début de l’ère industrielle. L’avènement de l’électricité, du téléphone et de l’automobile jouera désormais un rôle important dans ces nouveaux développements.


Victoriaville avant 1900. La gare, la cour à bois et les enclos d'animaux.
Photo J O Dubuc, fonds Alcide Fleury.

Références

Abbé C.É Mailhot, Les Bois-Francs, Tomes I et II
Fleury Alcide, Arthabaska, capitale des Bois-Francs, 1961
Provencher Jean-Paul, Aux sources des Bois-Francs, 1984-1985
Beaudet Gisèle, Le patrimoine architectural dans les Bois-Francs, Tome l, 1984
Raymond Claude, De mémoire, Éd. Claude Raymond, 2000
Raymond Claude, Portrait de famille, Éd. Claude Raymond, 2000
Raymond Claude, Récit d’une vieille gare, Éd. Claude Raymond, 2000
Saint-Pierre Denis, Les débuts industriels de Victoriaville, 1853-1906, 2004

Journaux, cahiers spéciaux et livres de centenaires
Centenaire d’’Arthabaska 1851-1951
Centenaire de Victoriaville 1861-1961
L’Écho des Bois-Francs
L’Union 100 ans, Cahier spécial, 1966
L’Union 110 ans, Cahier spécial 1866-1976
L’Union 125 ans, L’histoire d’une région, Cahier spécial 1866-1991
L’Union des Cantons de l’Est
Victoriaville 1913
Victoriaville, 100 ans de vivants souvenirs
Victoriaville 125 ans, L’Union, 19 août 1986
Victoriaville, Arthabaska, Warwick et les alentours, Éd. La Gazette, 1910
100 ans, Chambre de commerce et d'industrie des Bois-Francs


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