Les premiers habitants

(Les textes sont de Carolle Plamondon pour: Société d’histoire et de généalogie de Victoriaville, février 2006.)

Colonisation des Bois-Francs
Les premiers colons :


Au début du XXe siècle, au Québec, les anciennes seigneuries longeant le fleuve sont surpeuplées. On y dénonce l’épuisement des terres cultivables et l’appauvrissement des paysans. Par contre, la région des Bois-Francs, sise au sud du Saint-Laurent, n’est connue et explorée occasionnellement que par quelques chasseurs indiens, trappeurs et coureurs des bois. Plusieurs raisons expliquent ce sous-développement.

D’une part, compte tenu du très faible débit d’eau des rivières qui sillonnent la région, rendant la navigation très difficile et ne disposant d’aucune autre voie de communication pour en parcourir l’étendue, les commerçants de fourrures ont orienté leur commerce vers d’autres régions plus accessibles et forcément plus prospères. Les Indiens possédaient une réserve de chasse sur le territoire mais n’y venaient qu’occasionnellement pour les mêmes raisons.

D’autre part, sous le régime anglais, les terres non attribuées avaient été divisées en cantons, remises à des chefs de cantons qui devaient en gérer la distribution des lots. Contrairement au régime seigneurial antérieur, ce système avait comme avantage de favoriser la tenue libre de propriété, car le colon devenait maître absolu de sa terre. Toutefois cette procédure est devenue rapidement un moyen de spéculation alors que les terres étaient offertes à des favoris qui essayaient de les vendre à gros prix à des pauvres colons. Ceci entrava grandement le développement de la colonisation de la région.

Surmontant ces difficultés, quelques valeureux colons osèrent quand même relever le défi de venir s’établir dans cette contrée sauvage, privée de toute voie de communication, sans trop savoir qui en étaient les propriétaires : terres du gouvernement ou terres de riches propriétaires. C’est ainsi que plusieurs ont été déclarés <<squatters>> tôt ou tard, situation créant beaucoup d’insécurité en dépit de tout le dur labeur fourni pour s’établir.

bchesne Ayant quitté les deux rives du fleuve, de Trois-Rivières, Maskinongé, Gentilly, Bécancour, Saint-Pierre-les-Becquets, ils sont venus à pied, avant femmes et enfants, traversant la savane de Standfold, risquant les marécages de façon périlleuse, armés de leur hache et surtout de beaucoup de courage. Nous vous les présentons:

Charles Héon vint s’installer le premier sur les bords de la rivière Bécancour (près de Saint-Louis de Blandford ) en 1825, amorçant ainsi la pénétration de ce nouveau territoire. Quelques familles vinrent le rejoindre vers 1827 et s’installèrent le long de cette rivière, dans le 11e rang du Canton de Maddington. Ce sont, de Maskinongé, Pierre Bruneau et son épouse Élisabeth Lamy, puis Emmanuel Lamy et trois compagnons du même patelin. Ils seront presque les seuls pendant environ dix ans, dans ce coin de pays.

Partis de Bécancour et s’enfonçant un peu plus dans les terres, François Marchand et son épouse Marguerite Beauchêsne vinrent s’établir près de la rivière Bulstrode, en 1832, en cet endroit appelé La Pointe à Beaudet.

Deux ans plus tard, son beau-frère Charles Bourbeau dit Beauchêsne vint les rejoindre et pris possession du cinquième lot du rang III, un peu plus loin sur les bords de la <<rivière en bas>>, la rivière Nicolet. Son épouse, Marguerite Levasseur l’accompagnait avec ses six enfants. Quelques amis de Bécancour les rejoignirent rapidement. On le qualifie de fondateur d’Arthabaska.


perro Puis en 1839, le beau-frère de Charles Beauchêsne, Olivier Perreault et son épouse Maria Levasseur s’installèrent sur une partie du lot 9 et des lots 10,11et 12 du 3e rang d’Arthabaska (aujourd’hui le centre-ville de Victoriaville). Ce dernier, originaire de Trois-Rivières, était navigateur avant de venir s’établir dans les Bois-Francs. Sa première demeure était, semble-t-il, sise à l’emplacement occupé actuellement par l’église des Sts-Martyrs. On raconte que lorsqu’il décida de se retirer, il divisa ses terres en 13 parties égales qu’il donna à chacun de ses 13 enfants.









Photo : Centenaire de Victoriaville 1861-1961

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